À la Galerie d’Architecture, dans le Marais, l’exposition Corps mort / Corps vivant propose une plongée subtile dans l’univers de l’agence franco-brésilienne Triptyque Architecture. À travers une série de maquettes architecturales, de projets d’architecture et de recherches, elle interroge la frontière mouvante entre structure et usage, entre permanence et transformation, entre architecture construite et architecture vécue. Une exposition d’architecture discrète mais précieuse, qui résonne particulièrement avec les débats contemporains sur la ville, le vivant… et notre manière d’habiter.
EXPOSITION Corps mort / Corps vivant

Une exposition en tension, jamais figée
Dès l’entrée, le titre intrigue : Corps mort / Corps vivant. Deux notions presque antagonistes, et pourtant indissociables.
Chez Triptyque, le corps mort n’est pas une architecture inerte, mais ce qui structure : la trame, la matière, la stabilité, l’ossature.
Le corps vivant, lui, renvoie à tout ce qui échappe : les usages, les détournements, la végétation qui s’infiltre, la lumière qui transforme, le temps qui altère.
L’exposition ne cherche pas à trancher entre ces deux pôles, mais au contraire à montrer leur cohabitation fertile. Une architecture qui ne se fige pas dans une image, mais qui accepte l’imprévu, la porosité, l’évolution.
Les maquettes comme objets de pensée
Ce qui frappe particulièrement, c’est la place accordée aux maquettes.
Ici, elles ne sont pas de simples outils de présentation, mais de véritables objets critiques. Certaines très épurées, presque abstraites ; d’autres plus sensibles, laissant apparaître la place du végétal, du vide, de la circulation.
Une maquette exposée a notamment été présentée à la Biennale d’Architecture de Venise 2025, ce qui crée un écho intéressant avec l’article que nous avions consacré à la Biennale : même volonté de sortir d’une architecture démonstrative pour aller vers une architecture relationnelle, attentive aux usages, au contexte, au vivant.
On comprend que chez Triptyque, la maquette n’est pas une réduction du projet, mais un espace de recherche à part entière — un territoire où se testent les équilibres entre rigueur constructive et liberté d’appropriation.
Une pensée nourrie par deux cultures
L’exposition met également en lumière l’identité singulière de Triptyque : une agence située à la croisée de deux mondes, la rigueur constructive européenne et la sensualité architecturale brésilienne.
Cette double culture irrigue l’ensemble des projets présentés.
D’un côté, une maîtrise très nette de la structure, des trames, de la composition.
De l’autre, une attention constante à la nature, aux usages informels, à la capacité d’un bâtiment à évoluer avec celles et ceux qui l’habitent.
Ce dialogue franco-brésilien donne naissance à une architecture qui ne cherche pas l’effet, mais la justesse.
Une exposition discrète, mais essentielle
Corps mort / Corps vivant n’est pas une exposition spectaculaire. Elle est même presque silencieuse.
Mais c’est précisément ce qui en fait l’intérêt : elle invite à ralentir, à observer, à réfléchir. Elle parle d’architecture sans jargon inutile, par la matière, par les volumes, par les intentions.
À l’heure où l’on parle beaucoup de ville durable, de réversibilité, d’usage, de rapport au vivant, cette exposition propose une lecture fine, nuancée, jamais dogmatique. Une architecture qui ne cherche pas à imposer une forme, mais à laisser place à la vie.


Informations pratiques
Exposition : Corps mort / Corps vivant
Lieu : Galerie d’Architecture, 11 rue des Blancs-Manteaux, 75004 Paris
Dates : du 18 décembre 2025 au 17 janvier 2026
L’exposition explore l’univers de Triptyque Architecture à travers une sélection de projets et de maquettes qui interrogent la relation entre structure et usage, permanence et transformation. Le parcours est construit autour de deux axes complémentaires :
– une approche organique, sensible au vivant, aux usages et aux mutations naturelles ;
– une approche plus constructive et rationnelle, affirmant la trame et la rigueur architecturale.
Les maquettes occupent une place centrale dans la scénographie : pensées comme de véritables objets de recherche, elles rendent tangible cette tension fertile entre inertie et vitalité.
Temps forts
– Vernissage : 18 décembre 2025
– Conférence avec les fondateurs de Triptyque, Guillaume Sibaud et Olivier Raffaëlli : 15 janvier 2026
Tout comme l’exposition Corps mort / Corps vivant à la Galerie d’Architecture interroge, à Paris, la manière dont l’architecture dialogue avec ses usages et les formes de vie, le festival Planches Contact à Deauville propose un regard tout aussi sensible sur le paysage et notre manière de le percevoir, de l’habiter et de l’imaginer.
À lire ici : Planches contact à deauville : quand la capitale normande de l’image rencontre l’intimité artistique
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- Photos © La Galerie d’Architecture